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Une conjoncture critique pour l'expansion de l'accès à la finance : des décideurs politiques d'Afrique Centrale participent à une réunion sur la microfinance à Yaoundé

Jeanette Thomas
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jthomas1@worldbank.org

Tiphaine Crenn
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Le 21 mars 2008, Yaoundé, Cameroun. Des décideurs politiques de dix pays d'Afrique Centrale qui se sont rencontrés à Yaoundé ces derniers jours ont appris que l'accès aux services financiers formels est encore sévèrement limité en Afrique. «En Afrique sub-saharienne, seul un ménage sur cinq a accès à des services financiers formels, ce qui est un des taux les plus faible dans le monde.» a dit Jennifer Isern, qui dirige les activités du CGAP en Afrique.

«Il existe d'excellents exemples de gouvernements qui ont permis d'offrir un environnement favorable et d'éliminer les obstacles,» a dit la Princesse Maxima des Pays Bas, qui soutient la microfinance au sein du Groupe des Conseillers des Nations Unies. L'un des obstacles qu'elle a mis en avant dans son discours est le plafonnement des taux d'intérêt. «Nous sommes convaincus que la meilleure approche que puisse adopter un gouvernement n'est pas d'imposer un taux d'intérêt artificiel. Au contraire, il devrait consacrer ses efforts à l'éducation des consommateurs et à la création d'un environnement offrant des chances égales pour tous les participants.»

La microfinance a reçu beaucoup d'attention ces dernières années, surtout depuis que Professeur Muhammed Yunus et la Grameen Bank se sont vus décernés le Prix Nobel de la Paix en 2006, et ont ainsi mis en exergue le rôle que jouent les services financiers pour aider les familles pauvres à lutter contre la précarité de leur vie. Cependant, l'accès aux services financiers reste extrêmement limité en Afrique. «Les possibilités sont énormes» a dit Mme Isern. «Avec les bonnes politiques en place, et sur la base d'une croissance économique solide, de l'engagement des bailleurs de fonds, d'une forte culture de l'épargne et d'une gamme très diverse de prestataires de services financiers, l'Afrique est prête pour un accroissement important des services financiers.»

Le fait que les gouvernements de la région sont de plus en plus conscients du rôle de la microfinance représente l'occasion de réaliser un consensus et de standardiser les approches envers la microfinance. Dans ce contexte, des dirigeants régionaux venus du Cameroun, du Congo, du Gabon, de République d'Afrique Centrale, du Tchad, de Guinée Équatoriale, de Madagascar, du Rwanda, du Burundi et de la République Démocratique du Congo se sont réunis à Yaoundé pendant trois jours. François Kanimba, Gouverneur de la Banque Nationale du Rwanda, a dit que la réunion était «utile pour permettre une échange avec les autres pays de la région sur ces questions.»

La nécessité d'encourager une plus grande transparence en matière de tarification des services, de même que l'éducation des consommateurs, sont des questions absolument fondamentales aujourd'hui pour les preneurs de décisions de l'Afrique actuelle. Voici une opportunité de «créer une dynamique permettant de mettre en évidence les meilleures pratiques et accélérer leur mise en œuvre», a dit Javier Puyol, représentatif de la Commission Européane au Cameroun au premier jour de la réunion.

Les décideurs politiques ont examiné la façon de résoudre le manque important de comptables dans la région, de même que la nécessité d'une meilleure application des normes financières. Selon Djibril Mbengue, spécialiste de microfinance pour l'Afrique auprès du CGAP, on peut en revanche se réjouir que des instances comptables régionales, telles que la Fédération des réviseurs et experts comptables d'Afrique Centrale (FRECAC), se soient donné pour mission d'accélérer l'homogénéisation des normes et que des pays de la région aient adopté les normes IFRS. « Une plus grande homogénéité [des normes utilisées] sera favorable à la transparence financière et à des institutions robustes, et son résultat ultime sera de protéger l'argent des pauvres.» Des innovations telles que l'utilisation de la téléphonie mobile et d'autres nouvelles technologies favorisant la délivrance de services financiers s'avèrent très prometteuses pour baisser les coûts des transactions. Ceci pourrait se traduire par une forte augmentation de la disponibilité de ces services à des millions de personnes à faible revenu, y compris en Afrique.

Toutefois, même si elles peuvent contribuer à la réduction du coût des services financiers, les nouvelles technologies présentent également de nouvelles difficultés pour les décideurs politiques et autorités de réglementation, avertit Tim Lyman, un spécialiste senior des politiques pour le CGAP. Tim Lyman, l'un des auteurs d'un nouveau rapport du CGAP sur les conséquences de la « banque à distance» pour les cadres politiques et réglementaires, poursuit : « Trop de restrictions pourrait avoir l'effet de réduire le nombre de personnes qui participe au système financier formel et de faire augmenter le coût d'accès aux services. Mais les décideurs politiques doivent pourtant être conscients des carences potentielles du système de protection.»

Le Forum sur les politiques réglementaires de la microfinance en Afrique centrale, a été organisé par le CGAP, un pôle de référence pour le secteur de la microfinance logé au sein de la Banque mondiale, en collaboration avec la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC) et la Commission Bancaire de l'Afrique Centrale (COBAC), le cofinancement de la Commission européenne, et le soutien financier du Ministère des Affaires Etrangères (France), l'Agence Française de Développement, le Groupe des conseillers des Nations Unies, le partenariat Making Finance Work for Africa et FIRST Initiative.

 


 

CGAP (Groupe consultatif pour l'assistance aux pauvres) constitue le pôle de référence mondial pour la promotion et l'avancement de la microfinance. Le CGAP fournit des services d'information, des conseils experts et des solutions innovatrices à l'industrie financière, aux gouvernements et aux investisseurs dans le but de développer l'accès aux services financiers des personnes à faible revenu dans le monde entier. Pour tout renseignement complémentaire : www.cgap.org

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